۞ GEOGRAPHIE DE LA LIBYE
INTRODUCTION
Le territoire libyen occupe la partie centrale de l'Afrique septentrionale, et sa façade maritime borde la Méditerranée sur 1820 kilomètres. Vers le sud, il s'étend jusqu'au coeur même du désert saharien dont les conditions climatiques caractérisent tout le pays excepté l'étroite bande côtière située à l'est et à l'ouest du golfe de la Grande Syrte. La Libye est limitée par la Tunisie au nord-ouest, l'Algérie à l'ouest, le Niger et le Tchad au sud, le Soudan au sud-est, et enfin, l'Egypte à l'est.
La superficie de la Libye est d'environ 1 750 000 km2. Par son étendue, elle occupe la quatrième place parmi les pays africains. Sa population est d'environ 5 millions d'habitants soit 3 personnes au km2 (1990). Le sol Libyen est constitué de plaines agricoles fertiles, de montagnes et de collines et de vastes étendues désertiques où l'on rencontre ça et là de vertes oasis. La Libye dépend entièrement des eaux souterraines et des pluies saisonnières pour irriguer ses terres. Elle offre des paysages sans cesse changeants, toujours surprenants des plages de sable fin des bords des côtes méditerranéennes aux grands ergs du sud, entrecoupés de hammadas (plateaux rocailleux).
Les ressources naturelles du pays sont principalement le pétrole, le gaz naturel, le minerai de fer, le potassium, le magnésium, le soufre et le gypse. On distingue en Libye trois régions fondamentalement différentes par le paysage, l'économie, la culture, l'histoire ; jusqu'à une date récente, elles étaient également des entités administratives la Tripolitaine, la Cyrénaïque et le Fezzan.

Retour en hautBien qu'elle n'ait pas de limites bien définies, la Tripolitaine apparaît formée de 3 régions:
la Djeffara ou plaine côtière, le Djebel ou montagne et la Ghibla au sud. La Djeffara a la forme d'un triangle dont le sommet est près de Nalut. Sauf dans la région de Homs, où les hauteurs arrivent à proximité de la mer, la côte est plate, sablonneuse et uniforme si l'on exclut de petites baies avec des récits qui souvent affleurent, comme ceux qui ont facilité la construction du port de Tripoli. Le Djebel n'est pas vraiment une chaîne montagneuse ; il constitue la bordure septentrionale de la région de plateaux calcaires et gréseux de l'intérieur, parmi lesquels apparaissent souvent des roches éruptives. Le relief a été profondément marqué par l'érosion et il présente en de nombreux endroits des pentes abruptes et des vallées fluviales. La Ghibla, versant méridional du Djebel, est un plateau monotone qui s'abaisse doucement vers le sud. La vie n'y est possible que dans des oasis, qui sont aussi des marchés, comme Ghadamès. Ensuite une limite géographique très nette - la hammada el-Hamra - sépare la Tripolitaine du Fezzan.
La côte de la Grande Syrie. qui appartient à la Tripolitaine, abstraction faite des oasis et des quelques zones cultivées en bordure de l'axe routier du littoral, est bordée d'un monotone plateau de calcaire et de grès. Dans la région côtière, les conditions climatiques offrent des températures annuelles dépassant 20°C. Les précipitations sont limitées aux mois d'hiver. Dans le Djebel apparaît un climat de plateau caractérisé par de grandes amplitudes tant diurnes que saisonnières et des pluies d'hiver qui tombent en quelques jours.
L'intérieur présente des aspects prédésertiques, les températures sont de plus en plus élevées avec de fortes amplitudes diurnes et les pluies se font de plus en plus rares. Le vent caractéristique du pays est le ghibli ( = méridional), vent chaud et sec qui persiste pendant deux ou trois jours et qui soulève de grandes quantités de sable pulvérulent.
La Tripolitaine est très pauvre en cours d'eau de surface, non seulement à cause de l'aridité du climat mais aussi parce que la ligne de partage des eaux entre la Méditerranée et les régions de l'intérieur est très proche de la côte. L'homme a notablement modifié la physionomie première du manteau végétal, tant sur le littoral où sont apparues de nombreuses oasis que dans le Djebel au contraire déboisé. Le maquis n'existe plus que par endroits, surtout dans la partie supérieure de quelques vallées qui traversent le Djebel où une forte humidité en favorise la persistance.
Retour en hautDonnant sur la mer par une côte très variée sur laquelle s'ouvrent les golfes de Tobrouk et de Bomba, la Cyrénaïque se compose essentiellement d'un plateau calcaire qui s'élève jusqu'à 880 mètres. Dans la partie septentrionale tournée vers la mer, le relief s'abaisse en gradins. Le dernier contrefort, entre Tokra et Dema, plonge presque à pic dans la mer tandis que vers l'ouest, il existe une plaine littorale. Le versant méridional du plateau, comme la Ghibla en Tripolitaine, descend en pente douce et prend le nom de Siroual ; il est parcouru par une série de sillons parallèles dont la plupart aboutissent à une région de bassins fermés appelés baltè presque toujours à sec et d'origine karstique. L'origine des terrasses de Cyrénaïque serait due à une série de failles. Les mouvements tectoniques ne sont d'ailleurs pas terminés, comme le prouve la fréquence des tremblements de terre.
Au sud de la région des baltè, on accède progressivement à un plateau monotone et désert qui conduit vers le désert Libyque. Les conditions climatiques sont variées. La bordure littorale connaît des précipitations hivernales qui suffisent aux besoins agricoles, tandis que le bord du plateau exposé aux vents marins est plus arrosé. Le climat y est caractérisé par de fortes amplitudes diurnes et saisonnières. Le cours d'eau le plus connu est l'oued Derna, parfois sujet à des crues imprévues. Il existe ici comme en Tripolitaine, des eaux souterraines. Une nappe aquifère assez abondante, alimentée par les eaux qui tombent sur le Djebel el Akhdar, se trouve sous la plaine de Benghazi à mesure qu'elle s'éloigne de la mer, elle devient de plus en plus profonde et alimente de petits lacs souterrains, comme ceux de la grotte du Léthé. La végétation revêt en Cyrénaïque des aspects différents dans la zone côtière (maquis méditerranéen), sur le plateau (haute futaie de cyprès, de chênes verts, d'arbousiers...) et dans les vastes étendues steppiques où la plante typique est une ombellifère très connue dans l'Antiquité, le silphium dont on tirait une gomme précieuse.

Retour en hautLe Fezzan est une zone d'oasis située au sud de la Tripolitaine, climatiquement hyperaride, mais riche en eaux souterraines proches de la surface qui ont permis l'apparition et le développement d'un certain nombre d'oasis (où l'on pratique la culture irriguée des céréales et du palmier dattier) groupées en trois alignements principaux qui sont orientés est-nord-est - ouest-sud-ouest: au nord, l'alignement du ouadi Chati (Brak, Idri, Bergin), où les eaux surgissent en sources; au centre, celui du ouadi el-Ajal (Sebha, Garifa); au sud l'alignement du Hofra avec ses puits artésiens (Mourzouk, Tragen). Au sud-ouest, à la frontière algérienne, l'oasis de Ghat est isolée. Pendant la préhistoire, le climat plus humide permettait sans doute à des populations plus nombreuses de vivre dans les déserts (Edeyin) d'Urbari et de Mourzouk, comme en témoignent de nombreuses peintures et gravures rupestres. Mais la prospérité vint surtout des oasis lorsque celles-ci étaient soumises à une autorité pacificatrice (Rome, royaume de Kanem, Empire turc) qui permettait d'en faire des étapes sur la piste plus courte reliant le Soudan à la Méditerranée. En 1983, le président Kadhafi a lancé le projet de la Grande Rivière artificielle, consistant à pomper l'eau des nappes phréatiques du Fezzan et de l'oasis de Koufra pour l'amener vers les régions côtières.

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